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Article : De la Négritude à la Migritude
Août
2005- par LILA AZAM ZANGANEH* © THE NEW YORK TIMES ET J.A./
L'INTELLIGENT 2005. TOUS DROITS RÉSERVÉS.
Aujourd'hui comme hier,
la plupart des écrivains africains francophones vivent
en dehors de leur continent. Ils ne craignent pas que leurs écrits
soient jugés trop européo-centrés : de toute
façon, ils ne sont pas lus dans leur propre pays.
Le plus connu des écrivains
togolais, Kossi Efoui, évoquant l'étonnant paradoxe
qui caractérise l'héritage littéraire du
continent africain, déclare : « Pour moi, la littérature
africaine est quelque chose qui n'existe pas. » Autrement
dit, c'est une littérature qui trouve ses racines loin
du pays natal de l'auteur, où son oeuvre est rarement lue,
voire pas du tout.
L'Afrique francophone a produit une multitude d'écrivains
dits « fantômes », car ils vivent en Europe
de l'Ouest et écrivent pour un lectorat occidental. Le
Guinéen le plus prolifique, Tierno Monénembo, est
établi en France, tout comme le Djiboutien Abdourahman
A. Waberi, la Sénégalaise Fatou Diome et le Congolais
Henri Lopes, ambassadeur de Brazzaville à Paris.
Ils ne craignent pas que
leurs écrits soient jugés trop européo-centrés,
car, de toute façon, ils ne sont pas lus dans leur propre
pays. « Les gens pour qui j'écris ne s'intéressent
pas à moi », se lamente Henri Lopes. Au Congo-Brazzaville,
on sait qu'il est écrivain « uniquement par ouï-dire
».
Selon Jacques Chevrier,
professeur émérite à l'université
de la Sorbonne, une douzaine d'auteurs africains seraient publiés
chaque année sur le continent, contre plusieurs centaines
en France. Les librairies « ont pratiquement disparu, et
celles qui survivent sont tenues par des expatriés français
», affirme-t-il. On compte bien quelques maisons d'édition
africaines francophones, mais le marché local est étroit
en raison du fort taux d'analphabétisme. Les livres restent
un luxe pour la majorité des Subsahariens.
Pourtant, cette littérature
invisible est d'une grande richesse. Rien d'étonnant à
ce qu'elle fleurisse hors du continent puisqu'elle est née
en exil, plus précisément à Paris, destination
privilégiée des jeunes intellectuels africains francophones.
De nombreux écrivains contemporains avouent que leurs racines
plongent dans la négritude, ce mouvement littéraire
né dans les années 1930, qui s'était fait
le chantre de l'_expression culturelle noire en réaction
à la colonisation française. Il a été
fondé par deux étudiants de l'époque, Léopold
Sédar Senghor du Sénégal et Aimé Césaire
de Martinique.
Pour le critique littéraire
congolais Boniface Mongo-Mboussa, « avant la négritude,
la littérature africaine était une littérature
coloniale qui se prétendait africaine ». Des romanciers
connus comme le Béninois Paul Hazoumé ou le Sénégalais
Bakary Diallo épousaient l'attitude coloniale au point
de considérer la culture européenne comme très
supérieure à la leur.
Mais si Paris était
le coeur de la négritude, l'inspiration lui est venue d'Amérique.
Les écrivains de la négritude admiraient Langston
Hughes, Claude McKay, Alain Locke et W.E.B. DuBois, auteurs noirs
américains qui sont passés un jour par la France,
attirés par sa vitalité intellectuelle et sa relative
tolérance. D'après Mongo Mboussa, « la négritude
est peut-être le plus grand mouvement culturel de l'Afrique
noire moderne, mais elle n'aurait pu exister sans la Harlem Renaissance
».
L'influence américaine
a pris naissance dans les années 1920, lorsque Hemingway
et Fitzgerald hantaient les cafés de Montparnasse et que
Joséphine Baker dansait dans les cabarets. Cette énergie,
Césaire l'évoque dans Cahier d'un retour au pays
natal, long poème publié en 1939 dans lequel il
invente le mot « négritude ». Ce texte préfigure
une ère nouvelle de souveraineté intellectuelle
et culturelle. « Ma négritude n'est pas une pierre,
sa surdité ruée contre la clameur du jour [...]/elle
plonge dans la chair rouge du sol/elle plonge dans la chair ardente
du ciel. »
Elle s'épanouit
dans les années 1940 et 1950, à travers l'oeuvre
de Senghor. Celui-ci presse ses pairs « d'assimiler pour
ne pas être assimilés », de s'approprier les
innovations stylistiques européennes tout en célébrant
leur propre identité. Son Anthologie de la nouvelle poésie
nègre et malgache, qui inclut le travail du célèbre
poète guyanais Léon-Gontran Damas, devient le manifeste
de la négritude dès sa publication en 1948. Dans
son sillage, « l'Afrique cesse d'être une région
peuplée de monstres, comme le croyaient les Romains, estime
Henri Lopes. On découvre sa beauté, ses royaumes
au passé oublié. »
À la fin des années
1940, la négritude défie les règles de l'esthétique
européenne et influence à son tour l'avant-garde
intellectuelle et artistique, le surréalisme, le cubisme
et le primitivisme. Jean-Paul Sartre rédige l'introduction
de l'anthologie de Senghor et prédit le rôle essentiel
de la négritude dans le combat contre l'oppression. André
Breton rencontre Aimé Césaire et le trouve «
beau comme l'oxygène naissant ». Pour Jacques Chevrier,
l'intelligentsia française aimait la négritude parce
qu'elle « représentait l'exotisme ». «
C'était terriblement à la mode », ajoute-t-il.
En 1947, les plus illustres intellectuels français - Jean-Paul
Sartre, André Gide, Michel Leiris - collaborent à
la revue Présence africaine.
Le thème de l'exil
et celui de l'interaction entre l'Afrique, l'Europe et l'Amérique
sont omniprésents dans la littérature africaine
francophone. « Je me sens solidaire de la diaspora noire
des Amériques et des Caraïbes », écrit
Lopes dans Ma Grand-Mère bantoue et mes ancêtres
les Gaulois, essai publié en 2003. « Richard Wright,
Langston Hughes, James Baldwin, Nicolàs Guillén,
Lovelace n'ont jamais posé le pied au Congo, pourtant ils
me parlent. » Les auteurs africains sont aussi influencés
par l'écriture - et le succès commercial - d'Américains
comme Toni Morrison et Edwidge Danticat.
Aujourd'hui, nous voyons
naître le mouvement « migritude », un néologisme
qui combine négritude et émigration. L'une de ses
porte-voix est Fatou Diome, Sénégalaise de 36 ans
dont le premier roman, Le Ventre de l'Atlantique, est paru en
France en 2003. Ce récit autobiographique raconte l'histoire
d'une femme sénégalaise qui vit en France et essaie
de persuader son jeune frère, un adolescent vivant dans
l'île de Niodior, de ne pas la rejoindre. L'auteur décrit
le statut de l'émigré africain. « Lorsque
je rentre chez moi, c'est comme si j'allais à l'étranger.
Je suis devenue « l'autre » pour les gens que je continue
d'appeler « les miens » », dit la narratrice.
« Je ne sais plus qui je suis, une Africaine, une Européenne,
une voyageuse ou une jeune femme noire », avoue Fatou Diome.
Mais loin de son pays natal, grâce à l'habileté
de sa plume, elle rend l'Afrique plus visible.
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L'histoire
des Baswagha
en compagnie du Père Lieven Bergmans, A.A., éditions
A.B.B., t.1., Butembo, 1970.
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I.
Les Wanande, leur Origine et leur Implantation
1.
Les Wanande, un des multiples groupes ethniques de la République
Démocratique du Congo:
a.
Pygmoïdes (Bapere, Babira,
Bapakombe, Bambuba, Watalinga, etc.) et
Pygmées (Bambuti)
b.
Soudanais: Ngabka, Banda, Gbandi,
Azande, Mangwetu
c.
Nilotiques: Alur, Bahema, Kakwa-Fatshulu
d.
Bantous: Mayombe, Bakongo, Banyari,
Babira, Bakumu, Wanande, Wanyaga,
Bahunde, Lokele, Warega, Bashi, Baluba, Batembo, Bayaka, etc.
Les
Banande sont composés des groupes suivants: Bamate, Banisanza,
Bashu, Basongora, Batangi, Baswaga, Bahera, Bakira, Bahambo, Bamoro,
Bahambera, Bahumbe.
2.
Les Wanande
La
peuplade des Wanande, dont les Baswagha font partie, occupe deux
pays différents. En effet, lorsqu'à la fin du XIX°
siècle les puissances européennes divisèrent
le centre de l'Afrique, les Wanande se trouvèrent séparés
par une frontière: la majorité de la population
Nande appartint à l'Etat Indépendant du Congo, et
une minorité fit partie de l'Ouganda; ces derniers portent
le nom de Bakondjo ou Balyoko. Les Wanande habitant les régions
de basse altitude appellent souvent les Wanande montagnards: Bakondjo
ou Balyoko. Certains expliquent le nom "Mukondjo"
de la façon suivante: Les montagnards qui descendent dans
la plaine tombent souvent malades; Mukondjo serait simplement
la déformation du mot swahili: " Mgonjwa" (=
malade).(Lieven Bergmans doute cependant de la valeur de cette
explication). Tandis que Mulyoko signifie littéralement
"sauvage". Ce sobriquet trouve son origine dans le fait
que les habitants de la plaine de la Semliki collaborèrent
avec les Arabes et ensuite avec les occupants européens
bien avant la fin du XIX° siècle, tandis que les montagnards
n'eurent guère de contacts avec eux avant 1925.
Les
Wanande, population essentiellement agricole, occupent une région
à cheval sur l'Equateur, entre le 28° et 30° degré
de longitude Est. Ils forment la presque totalité des habitants
des territoires de Lubero et de Beni. La plus grande partie de
cette population occupe les hauteurs des Monts Mitumba: les plus
hauts perchés se rencontrent à l'Est de Masereka,
à 2 780 m d'altitude, Kipese 3000 m d'altitude, tandis
que les riverains du lac Edouard se trouvent à 916 m au-dessus
du niveau de la mer.
Les
limites des chefferies Wanande sont les suivantes: Au Nord, la
forêt de l'Ituri; à l'Est, le Ruwenzori, la Rivière
Lubiriha et le Lac Edouard( frontrières de la République
Démocratique du Congo); au Sud, la plaine inhabitée
de la Ruindi (Parc National de Virunga) et le territoire de Masisi;
à l'Ouest, approximativement la rivière Biena.
Les
populations voisines des Wanande sont: au Sud, les Bahunde et
les Wanyanga; à l'Ouest, les Bapere; au Nord les Babira,
les Bapakombe, les Bambuba et les Watalinga.
Les
Wanande de la R.D.Congo constituent diverses tribus: Les Bamate,
les Banisanza, les Bashu,
les Basongora, les Baswagha,
et les Batangi: toutes possèdent
leurs terres en propre. Les Bahera,
les Bakira, les bahambo,
les Bamoro, les Bahumbe
et les Bahambera forment également
des groupements wanande; mais ils ne disposent pas de chefferies:
ils sont les clients des tribus précédentes. Lieven
note que Depuis 1960, les Basongora ont émigré en
masse vers l'Ouganda. Actuellement, il ne reste plus en R.D. Congo
que quelques rares unités. D'après Lieven, les Warega
par leur origine est un clan qui appartient au clan des Bambuba.
Lorsqu'arrivèrent les Wanisanza, les Warega firent alliance
avec eux et fusionèrent de plus en plus avec eux. On aurait
tort, poursuit Lieven, de considérer les Warega comme une
tribu Nande.
(A
suivre)
N.B. Les données
qui précédent sont de 1970. Banamasina démande
à ses aimables lecteurs et lectrices qui y trouveraient
des inexactitudes de bien vouloir les signaler pour correction
en vue d'une re-édition future de l'oeuvre du Père
Lieven qui a le mérite d'être le pionnier de l'histoire
des Wanande. (P. Vincent Machozi,
a.a. , éditeur de Banamasina)

Le
village de Kanyabayonga en Territoire de Lubero

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